Retour sur la table ronde « La valeur économique de la vaccination »

DSC_0203 Le 24 novembre dernier, l’ADES organisait une table ronde sur « la valeur économique de la vaccination ». Cette conférence, animée par Pierre LEVY (directeur du Master EMAM), a réuni autour de la table Florence BARON-PAPILLON (directrice adjointe, affaires externes de Sanofi Pasteur – MSD Europe), Daniel FLORET (président du Comité technique des vaccinations) et Claude LE PEN (professeur d’économie de la santé).

La valeur médicale, sociétale et économique  de la vaccination

Les différents intervenants présents ont rappelé l’intérêt de vacciner la population à tous les âges de la vie, à la fois en termes de bénéfices individuels et collectifs, en particulier dans un contexte de sous-utilisation de la vaccination. Celle-ci permet :

  • la prévention de séquelles potentielles chez l’enfant et de fait le maintien des générations futures,
  • la réduction de l’absentéisme et de la perte de productivité chez l’adulte,
  • la limitation de la déstabilisation de pathologies chroniques et la baisse du nombre d’hospitalisations, notions essentielles chez les personnes âgées.

Claude Le Pen rapDSC_0175pelle qu’il s’agit du seul médicament dispensé en prévention primaire et que le système de santé doit faire face à une révolution vaccinale : émergence de nouvelles pathologies comme le virus H1N1, nécessité d’une meilleure maîtrise de la résistance aux antibiothérapies, apparition de vaccins contre des maladies infectieuses non transmissibles ou des virus oncogènes, et émergence de nouvelles techniques de production comme les technologies recombinantes.

Ainsi, en diminuant le recours aux soins, notamment par une moindre utilisation des systèmes hospitaliers et par la limitation du phénomène de résistance aux antibiotiques par leur plus faible prescription, la vaccination montre pleinement que sa valeur économique n’est pas qu’individuelle mais aussi collective.

Le cadre de l’évaluation de la vaccination

Bien que la vaccination ne représente pas le secteur le plus important pour l’industrie pharmaceutique, avec moins de 3% des parts de marché, il est intéressant de s’attarder sur les spécificités propres à l’évaluation de la valeur d’un vaccin.

Claude Le Pen précise que jusqu’à récemment, seule l’efficacité virologique était évaluée, avant d’être complétée aujourd’hui par  des évaluations cliniques avec l’appui d’essais randomisés.

Concernant l’évaluation économique de la vaccination, elle diffère des traitements médicamenteux de part sa forte sensibilité au contexte épidémiologique et des éléments d’horizon temporel et d’actualisation différents selon les stratégies vaccinales. La question d’une étude en vie réelle est d’autant plus importante que la logique de santé publique prédomine dans ce cadre évaluatif, avec une approche populationnelle et non individuelle.

D’après la loi de Santé Publique du 9 août 2004, la politique de vaccination est une responsabilité politique après avis du Haut Conseil de Santé Publique, auquel est inclus le Comité Technique des Vaccinations (CTV). Parmi les missions de ce dernier, on retrouve une veille épidémiologique, la réalisation de propositions d’adaptation du calendrier vaccinal et l’évaluation économique de la vaccination. Daniel FLORET met en lumière la complémentarité de cette analyse avec celle de la HAS, de par l’indépendance de l’évaluation vis-à-vis de celle réalisée par l’industriel. Ces travaux, qui pourraient être partagés avec l’ensemble des « National Immunization Technical Advisory Groups » (ou « NITAG ») permettraient de déployer des démarches de standardisation et d’amélioration de la qualité des évaluations économiques.

Florence BARON-PAPILLON met en avant l’importance d’une démarche de coopération entre les agences HTA (Health Technology Assessment) et du développement de réflexions sur de nouveaux cadres méthodologiques ou de nouvelles perspectives fiscales et organisationnelles de la vaccination.

 

L’ADES remercie les intervenants et les participants de cette table ronde, ainsi que ses sponsors !

Profil d’étudiant N°3 : Elodie, Etudiante en 6ème année de pharmacie

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Toute l’équipe de l’ADES vous souhaite une très joyeuse année 2016!
Pour bien démarrer l’année, nous allons continuer les présentations des étudiants du Master EMAM!
Aujourd’hui c’est Elodie qui se présente!

Qui es-tu ?

Je suis en 6ème année de pharmacie et très heureuse de l’être. La Pharmacie est un domaine aux multiples facettes. Pour savoir quelle direction finale prendre, j’ai multiplié les stages au cours de mon parcours universitaire: tester avant de choisir, telle est ma devise ! J’ai ainsi enchaîné les heures en officine, essayé la recherche au sein d’un laboratoire universitaire pendant mes congés d’été, passé 2 mois en 4ème année au ministère de la santé, comme stagiaire à la DGS dans le secteur des médicaments et des DMs, et observé l’espace d’une journée la Commission de la Transparence de l’HAS. Parmi toutes ces expériences, celles qui m’ont le plus séduites touchaient à l’économie de la santé. C’est pourquoi en 5ème année, après le stage hospitalo-universitaire de 6 mois, j’ai intégré un grand laboratoire pharmaceutique français durant l’été, qui m’a initié au Market-access dans un esprit d’équipe sympathique. J’ai alors choisi de m’inscrire à Dauphine.

Pourquoi le master de Dauphine ?

Mon penchant pour la pharmaco-économie s’étant affermi en 5ème année de pharmacie, j’ai opté pour le master spécialisé de Dauphine. Je sentais comme un manque dans ma formation de « pharmacien » et j’avais besoin de compléter mes compétences en économie. Ainsi il m’est apparu nécessaire d’effectuer une formation supplémentaire. Mais où ? La réponse méritait réflexion. Dauphine s’est imposée facilement car elle avait et a de nombreux avantages : la notoriété, indiscutable et bien reconnue, la qualité des enseignements et des enseignants et l’encadrement des étudiants, et enfin l’environnement très porteur : le réseau qu’elle offre et la diversité des profils qu’elle attire : directeurs de Market-Access, commerciaux, pharmaciens d’autres facultés, médecins, ingénieurs, juristes…
L’alternance, également un point fort de Dauphine, permet d’expérimenter la « vraie vie ». Se trouver chaque semaine en milieu professionnel est très instructif, apprend à s’organiser pour répondre à de multiples sollicitations et faire face aux échéances courtes. L’apprentissage c’est l’école de la réussite ! Autre petit avantage, et pas des moindres, de l’alternance : avoir un revenu et payer la formation.

Et maintenant ?

Après un trimestre, tout va bien. Notre promotion est très « soudée », chaleureuse et bonne vivante. J’ai appris à connaître de nombreuses personnes qui ont des parcours différents du mien. Les professeurs sont bienveillants, ouverts et très désireux de nous expliquer les notions clés.
Me sentant à ma place au sein des étudiants, je fais partie de l’ADES, l’association étudiante du master. Cette association organise, entre autres, 3 conférences de qualité, sur une thématique bien choisie qui nous permet de rencontrer des professionnels. Nous organisons aussi plusieurs voyages de promo, dont l’un dans l’une des plus grandes universités d’économie Anglaise. Enfin, nous avons un partenariat avec l’ISPOR : l’ISPOR Student Chapter qui nous permet des discussions à l’échelle mondiale dans le domaine de la pharmacoéconomie et la présentation de posters au congrès européen annuel.
J’effectue mon apprentissage dans la filiale française d’un grand laboratoire Suisse. En pratique, je constitue actuellement des dossiers de transparence pour l’obtention de la prise en charge (notamment du remboursement) des produits de l’entreprise. Je participe également aux réflexions sur les stratégies discutées au sein de l’entreprise.